Mazda CX-9 GT 2008

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La disparition récente de la minifourgonnette chez plusieurs constructeurs a laissé bien des familles dans le besoin, besoin d’un nouveau véhicule familial, s’entend. Mais si cette disparition est compensée par des véhicules du genre de ce CX-9, alors c’est une bonne chose. C’est que le Mazda CX-9 offre un style non conventionnel, un intérieur très bien fini et un comportement routier surprenant. Mais ces qualités ne sont-elles pas présentes au détriment de l’aspect pratique, la raison d’être principale d’un gros VUS comme celui-ci ? Bilan d’une semaine à bord du premier mastodonte de Mazda.

Le véhicule mis à ma disposition pour cet essai était la version GT du CX-9, dotée du rouage intégral et de l’ensemble des options disponibles au catalogue. Donc, au prix de base du Mazda CX-9 2008 (40 000 $), il faut ajouter plus de 13 000 $ d’équipement optionnel, soit le prix d’une sous-compacte neuve. Mais quel équipement : phares à décharge, accès sans clef à mains-libres, essuie-glaces à capteur de pluie, climatisation régulée à 3 zones, deux lecteurs DVD dans les appuie-tête, navigation par satellite avec caméra de recul, hayon à ouverture motorisée, sellerie en cuir, système de surveillance des angles morts, connectivité Bluetooth, il ne manque que le rétroviseur électrochromique, pourtant une option populaire, pour que la liste soit complète. Sur le plan de l’équipement donc, le CX-9 est fort bien garni, et n’a rien à envier à ses concurrents.

La fiche technique nous révèle que le CX-9 est élaboré sur une plateforme partagée avec la Mazda6 et quelques autres voitures Ford, c’est donc dire que le train moteur est placé transversalement et que la carrosserie est monocoque. Si cet arrangement est idéal pour favoriser le volume intérieur et le comportement routier, deux points forts du CX-9, cela minimise la capacité de remorquage qui n’est ici que de 1600 kg. Le moteur retenu pour 2008 est un V6 de 3,7 litres, 273 cv et 270 pi-lb, associé à une boîte de vitesses automatique conventionnelle à 6 rapports. Ce tandem, que j’ai conduit à quelques reprises déjà, est franchement impressionnant par sa douceur et sa souplesse ; jamais, à aucun régime, il ne semble peiner à la tâche ni manquer de souffle. La puissance est adéquate et le 0-100 km/h est réalisé sous les 8 secondes, un résultat dans la bonne moyenne de cette catégorie. La boîte de vitesses à six rapports aussi mérite des éloges pour sa douceur et sa bonne communication avec le moteur.

S’il est un aspect où la mécanique semble marquer le pas, c’est en consommation d’essence : avec plus de deux tonnes à vide (2062 kg), le CX-9 demande pas mal d’énergie pour se déplacer. Si la finesse relative de sa ligne limite les dégâts à 9,7 L/100 km sur la route, en ville, c’est autre chose : 14,0 L/100 km selon Transport Canada. Attendez-vous à approcher les 18 L/100km en ville, comme je viens de le faire cette semaine, en roulant bien tranquillement pourtant.

Le comportement routier du CX-9 aussi est une bonne surprise, malgré la présence d’éléments de suspension conventionnels, jambes de force à l’avant et essieu à bras tirés à l’arrière, et de détestables roues de 20 po. Ces grandes roues ont l’avantage de bien remplir les ailes, mais leur grande masse et la faible hauteur de flanc des pneus provoquent des soubresauts désagréables dans la suspension, bien peu en phase avec le caractère feutré du Mazda CX-9. Autrement, ce VUS de grande taille peut aborder les virages avec aplomb, beaucoup plus que les minifourgonnettes qu’il cherche à remplacer. Toutefois, même s’il démontre de belles qualités, il demeure que le CX-9 est haut perché et que son comportement routier est encore loin de ce qu’une bonne berline peut offrir. Le freinage s’est montré endurant et les distances d’arrêt sont relativement courtes pour une telle bête.

En ce qui a trait à l’espace intérieur et à l’aménagement de l’habitacle, sachez que le CX-9 offre trois rangées de sièges, que la deuxième coulisse sur des rails, que la troisième se cache dans le plancher et que l’espace à l’avant n’est pas aussi vaste que l’on pourrait le croire. La soute à bagages est de bonne dimension, mais la présence d’une troisième banquette empêche l’installation d’un rideau cache-bagages. La finition est particulièrement soignée, tout ce qui tombe sous la main semble être de qualité, mais le plastique dur de la planche de bord est trop lustré, ce qui cause de désagréables reflets dans le pare-brise fortement incliné. L’ergonomie est bonne, les nombreux accessoires sont faciles à utiliser, l’éclairage des compteurs est impressionnant avec ses teintes bleutées et la climatisation régulée, pour une fois, ne demande pas de constants fignolages inutiles vu qu’elle est régulée, vous comprenez ? Par contre, le petit afficheur d’infos est trop encombré pour être lisible et le système de navigation exige d’être à l’arrêt pour entrer une nouvelle adresse.

Au sujet des aménagements de l’habitacle, j’ai bien aimé les deux lecteurs DVD situés derrière l’appui-tête, comme dans les avions ; leur usage est d’une simplicité désarmante est les deux écouteurs sans-fil fournis avec la voiture permettent un visionnement indépendant, si tel est le désir des petits rois et reines. D’ailleurs, à ce sujet, même avec deux sièges pour enfants sur la banquette arrière, il reste suffisamment de place entre les deux pour y asseoir un adulte, pas un américain toutefois, mais un adulte normalement constitué. Celui-ci aura donc l’embarras du choix ; moi j’aurais préféré « Ratatouille » ou encore « Bagnoles », mais il semble que « Les trois princesses » et « Sissi » sont très à la mode ces temps-ci parmi ma progéniture.

Bien fini et richement équipé, le CX-9 offre pratiquement les mêmes avantages en termes d’espace que la minifourgonnette MPV qu’il a remplacée dans la gamme. De plus, son comportement routier intéressant et le raffinement de son train-moteur le rapprochent des sensations qu’offre une voiture, une immense voiture bien sûr, ce que la MPV n’a jamais su faire. Reste la consommation d’essence : ni bonne ni mauvaise, elle porte simplement à réfléchir, surtout lorsqu’on est majoritairement seul à bord. Sur ce point, le CX-9 n’est pas dans l’air du temps. Mais c’est bien là un des rares défauts de ce costaud.

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