MINI Cooper S 2007

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La deuxième mouture de la minuscule voiture anglaise est une réussite. 

Connaissez-vous mon ami Denis? Non? Il faut donc que je vous le présente. Denis est un ex-mécanicien devenu ingénieur en mécanique qui m’aide quelquefois lorsque je dois ramener une voiture de presse et aller en chercher une autre ailleurs en ville. Il a donc eu le loisir de conduire plusieurs des voitures qui m’ont été confiées, et ses commentaires m’aident beaucoup dans la rédaction de mes textes. C’est que Denis est plutôt du genre critique, il est difficilement impressionnable, il connaît la technique automobile sur le bout des doigts et que peu de véhicules trouvent grâce à ses yeux. Jamais, lui et moi, n’abordons les questions de style, nos conversations tournent toujours autour des spécifications mécaniques. Alors, selon vous, comment Denis a-t-il trouvé la nouvelle version de la MINI Cooper S? La réponse est dans le dernier paragraphe de ce texte, mais vous pouvez quand même le lire au complet, cela me ferait plaisir.

Bon, maintenant que vous êtes bien assis, entrons dans le vif du sujet. La voiture mise à ma disposition est une MINI Cooper S 2007, prix de base de 30 600$, et équipée légèrement, ce qui est peu commun sur les voitures des flottes de presse. Ma voiture d’essai n’avait donc que 4500$ d’équipement optionnel ; le toit ouvrant à deux panneaux (1600$), la suspension sport (1200$), le différentiel autobloquant (650$), l’accès sans clef (490$) et quelques autres babioles. Grand total : 35 050$.

Pour ce montant, vous avez droit à six coussins gonflables, au capteur de pluie pour l’essuie-glace, aux sièges chauffants, à l’antidérapage DSC, aux phares à décharge avec lave phare, à un moteur turbo avec un cœur gros comme ça, à une boîte de vitesse à six rapports, à des freins à disques, etc. Il ne manque que les bandes décoratives (130$) la climatisation régulée (520$) et la sellerie de cuir (1500$) pour que cette MINI soit configurée à mon goût. 

Bon, je sais quelle est votre première question ; est-ce vraiment aussi petit que cela en a l’air ? La réponse est non. Mais ne comptez pas utiliser la MINI pour transporter plus de deux personnes, c’est quasi impossible. Avec mon 1m91, le dossier de mon siège est appuyé sur la banquette arrière et il n’est donc pas possible d’y asseoir un être humain, même jeune, sinon un cul de jatte. Par contre, à l’avant, c’est vraiment impressionnant. L’habitacle est large, le pare-brise est loin devant, l’espace pour les jambes est comparable à celui d’un VUS compact, il n’y a donc aucune sensation de confinement. Denis et moi y avons passé plusieurs heures et jamais il n’a maugréé sur le manque d’espace, au contraire. Moi non plus, d’ailleurs.

La finition intérieure ne souffre pas la critique, avec des matériaux de qualité, un assemblage minutieux et un style très dynamique. L’ergonomie des commandes principales est parfaite, mais les commandes secondaires demandent souvent un regard soutenu pour les identifier. On voit bien qui, des ingénieurs ou des stylistes, a remporté l’éternel débat entre style et efficacité. Le plastique moussé est présent quasi partout, sur les contre-portes comme sur le tableau de bord, seule la console centrale en étant dépourvu. De plus, on retrouve des appliques en aluminium brossé (du vrai métal, pour une rare fois) sur la face du tableau bord et sur les poignées de fermeture des portières. Il y a deux coffres à gants, en plus de grands vide-poches dans les portières. L’intérieur de la MINI a été conçu et fabriqué avec beaucoup de soins.

Sur le plan de l’instrumentation, toutefois, la MINI laisse à désirer : seul un gigantesque cadran central fournit des informations sur la vitesse et la quantité d’essence, information redondante puisque l’ordinateur de bord renseigne déjà à ce sujet via l’affichage incrusté dans le compte-tours (situé sur la colonne de direction). J’aurais aimé avoir quelques informations sur l’état de la mécanique, ne serait-ce que parce que la MINI Cooper S est tout de même une sportive. À part cette petite faute, je n’ai pas trouvé grand-chose à redire sur le poste de pilotage de cette MINI. Denis non plus.

La visibilité est excellente sous tous les angles, la ventilation est efficace mais la lunette arrière est toujours sale, neige et gadoue obligent, et la consommation de lave-glace est importante. Surtout que les phares à décharge sont aussi dotés d’un système de lave-phare à haute pression, efficace autant que vorace. Le grand toit ouvrant peut entrouvrir ses deux panneaux et il est aussi possible de faire coulisser le premier par-dessus le second. De cette façon, la garde au toit n’est pratiquement pas hypothéquée par son mécanisme d’ouverture. Denis étant plus petit que moi, il n’a pas vu cette qualité. 

Les sièges ajustables en hauteur sont très confortables, le rembourrage est souple et le support latéral est bon, mais la qualité du vinyle laisse à désirer et les éléments chauffants sont trop chauds, même à la plus faible intensité. L’option cuir corrigera ces deux lacunes, ne l’omettez pas. Ma MINI d’essai est aussi équipée d’un rétroviseur intérieur électrochromique et de l’accès sans clef.

À l’arrière, la soute à bagages est évidemment de dimensions modestes, c’est le moins qu’on puisse dire, mais les dossiers arrière peuvent se bloquer en position verticale de façon à augmenter un peu l’espace de chargement tout en conservant le cache-bagage fonctionnel. Ils sont aussi rabattables vers l’avant de façon conventionnelle. 

Maintenant, sur la route, c’est là que le vrai plaisir commence. La nouvelle Cooper S est désormais équipée d’un moteur d’origine Peugeot auquel on a adjoint un turbocompresseur. Ce bloc de seulement 1,6 litre développe donc 118 cv en version atmosphérique, et pas moins de 172 cv en version turbo. Le couple maximal de 177 pi-lb est quant à lui disponible à partir de seulement 1600 tr/min, ce qui fait que ce moteur est tout à l’opposé des mécaniques pointues qu’on retrouve chez Honda, par exemple. Il est bien secondé par une boîte de vitesse à six rapports rapprochés, 3000 tr/min à 120 km/h en 6e, dont le maniement est très agréable. 

Autre signe que la réalisation a été bien pensée, la sonorité de l’échappement central rappelle celle des petits moteurs britanniques, alors que la boîte de vitesse émet le même sifflement sous l’effort que la boîte intégrée au carter moteur de la Mini originale. C’est très surprenant, surtout que la version 2007 n’emploie plus d’engrenages à taille droite comme autrefois, mais c’est une belle évocation du passé de sportive de la Cooper. Ma MINI d’essai est aussi équipée d’un différentiel autobloquant taré à 31% en accélération, ce qui veut dire que la roue avec le plus d’adhérence peut transmettre à peu près deux fois plus de couple que l’autre. Dans les faits, avec des conditions hivernales lors de l’essai, ce différentiel rend le devant très nerveux lors des accélérations, mais procure aussi des sorties de virage comme celles de la Mini de rallye, avec des rotations autour d’un point central typique des reprises d’adhérence. C’est très amusant et complètement inoffensif. Denis a adoré ce comportement joueur. 

Cette MINI inspire donc confiance, dans la neige comme sur les chaussées avec plus d’adhérence. L’antidérapage est débrayable, ce qui permet un meilleur contrôle de la part du pilote quand celui-ci tente quelques manœuvres de glisse. Par contre, l’antiblocage ABS ne l’est pas, et là, c’est très désagréable sur la neige mouillée ; les distances de freinage sont dangereusement longues parce que les pneus flottent sur la neige au lieu de la creuser et d’atteindre la chaussée au dessous. Denis recommande de retirer le fusible du système pour récupérer le contrôle sur les freins. Moi, je ne suis pas aussi radical.

En situation normale, sur chaussée sèche, la voiture est très vive et maniable et elle ralentit avec vigueur. La voiture freine à plat, il n’y a pas de plongée ni de cabrage. Ce genre de comportement favorise les freinages au panneau « trop tard » ; les limites habituelles ne sont plus les mêmes avec cette très faible masse (1210 kg). Même l’assistance électrique de direction ne souffre pas la critique, bien que les remontées d’information soient moins précises qu’avec un traditionnel système hydraulique. La suspension sport de mon modèle d’essai est bien calibrée pour la conduite rapide, mais sur nos mauvaises routes, la suspension régulière serait de mise. Ce n’est pas que le confort est absent, mais avec un empattement aussi court, il faut, selon moi, privilégier la souplesse pour éviter les ruades. Denis n’est pas d’accord, il dit apprécier la précision et la stabilité des éléments sportifs installés. 

Les pneus à roulage à plat de notre voiture d’essai sont des Pirelli Sottozero 240 en 205/45R17. Sportifs sur le sec, ils ne sont pas fameux sur la neige épaisse et suivent les rigoles creusées par les camions avec la fidélité d’un bon chien. J’aurais privilégié une monte pneumatique une taille en dessous, avec des pneus plus adaptés pour la neige et moins pour la conduite rapide. 

Finalement, à tout seigneur tout honneur, j’ai gardé le meilleur pour la fin : le moteur. Quelle belle mécanique, sophistiquée avec son injection directe et son turbo, mais tellement docile en conduite quotidienne. Le petit 1600cc est rageur, explosif, il est disponible à tous les régimes et il entraîne la Cooper S avec beaucoup de vigueur. Jamais il ne rechigne ni ne montre des signes d’essoufflement. Les temps d’accélération officiels sont de 7 secondes pour le 0-100 km/h, mais la voiture semble beaucoup plus rapide que cela. Pour une rare fois, sur le plan de la puissance, Denis et moi sommes d’accord : cette MINI n’a pas besoin d’un seul cheval de plus, tout en n’étant pas sur-motorisée. C’est une réalisation très aboutie, cet ensemble moteur/boîte/châssis. 

Conclusion? Si vous avez lu le texte jusqu’ici, vous vous doutez bien de mon appréciation de la MINI Cooper S. Bien équipée, bien finie, suffisamment logeable pour deux, sportive à souhait tout en n’étant pas intimidante, je suis preneur. Les sujets qui fâchent, espace de chargement limité, cliquetis énervant des injecteurs, feux arrière toujours sales, capot moteur difficile à ouvrir pour les grosses mains, n’ont aucune importance en face des qualités dynamiques de la voiture. Je laisse le mot de la fin à Denis : « Non, je ne peux pas dire que je n’aime pas… ». Venant d’un homme de peu de mots, ces paroles anodines ont la valeur d’un magnifique compliment.

Vidéo Mini Cooper S 2007

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