Mitsubishi Lancer GTS 2008

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Si la marque Mitsubishi a fait son apparition sous son propre nom au Canada en 2003, elle déjà était présente ici sous la bannière Dodge depuis les années 1970. En effet, les petites Dodge Colt, les pseudo-sportives Challenger, la Eagle Talon ainsi que les camionnettes D50 et Raider étaient toutes des productions de la marque japonaise vendues dans le réseau Chrysler. Leur passage n’évoque pas que des bons souvenirs, la corrosion était alors endémique alors que la mécanique était plutôt solide, et le réseau du constructeur américain n’était pas très enthousiaste envers ces voitures vues comme des importations qui volaient des emplois aux puissants TUA. C’est pour cette raison que Mitsubishi implanta alors son propre réseau indépendant. La Lancer de la génération précédente était alors le fer de lance de la marque, mais pour plusieurs raisons, ce modèle n’arriva pas à décoller, ni aucun autre d’ailleurs. Pourtant, les prestations étaient comparables à celles de ses rivales (Civic, Corolla, Mazda3, etc.), mais l’image de marque déficiente lui a nuit. En 2008, toutefois, la gamme Mitsubishi est grandement renouvelée et le duo Lancer/Outlander devrait connaître un beau succès de vente, si je me fie à ma récente prise de contact avec ces modèles. Voyons donc comment c’est comportée cette Lancer 2008, en attendant que je mette la main sur la EVO…

Ma voiture d’essai était la version GTS de la Lancer, la plus équipée (prix de base de 21 700$) avec le toit ouvrant, l’accès et le démarrage sans clef, la climatisation régulée et les sièges chauffants, pour un grand total de 24 000$. La version basique de que Lancer, la DE, est disponible à partir de 16 600$. Cette version GTS est intéressante car elle propose des équipements modernes dans une caisse compacte, un principe assez rare ici en Amérique du Nord. C’est une tendance qui devrait prendre de l’ampleur, vu la popularité des compactes au Québec.

La Lancer, malgré sa taille compacte, offre un volume intérieur intéressant avec un bon dégagement pour les épaules et les jambes à toutes les places, même à l’arrière. Le coffre quant à lui est de dimensions modestes mais son volume peut être augmenté par le rabattement des dossiers des sièges arrière. Le niveau de finition, bien que basique, ne choque pas l’œil. Les plastiques durs ont des textures intéressantes, les accostages sont corrects, et aucun bruit ne vient perturber la conduite. Les sièges sport (chauffants) sont confortables tout en offrant un support latéral intéressant. L’ergonomie est parfaite, tout est à la place la plus logique, levier de frein à main sur la console, levier d’essuie-glaces à droite, régulateur de vitesse sur le devant des branches du volant, etc. La chaîne stéréo ultra-puissante est intéressante sur le plan sonore, mais son affichage est pratiquement illisible durant la journée tellement son affichage est faible. Ceux qui opteront pour le système de navigation n’auront pas ce problème, mais cela coûtera plus de 3000$… La visibilité est bonne, surtout avec les immenses rétroviseurs latéraux, mais l’imposant aileron fait écran vers l’arrière, il vaudrait mieux l’éviter, une économie de 350$.

Sur le plan mécanique, toutes les versions de la Lancer, sauf la EVO, sont entraînées par un moteur à quatre cylindres de 2,0 litres qui offre 152 cv à 6000 tr/min et 146 pi-lb à 4250 tr/min. Les boites de vitesses offertes sont une boite manuelle à 5 rapports ou une boite automatique à variateur (une option de 1100$). La suspension fait appel à des jambes de force McPherson à l’avant et à une suspension indépendante multibras à l’arrière. Deux barres antiroulis viennent compléter la suspension, 21mm à l’avant et 20mm à l’arrière. Le freinage est assuré par des disques ventilés à l’avant (de plus grand diamètre sur la GTS que sur les autres versions) et des disques pleins à l’arrière. Un antiblocage à quatre canaux surveille le système de freinage. La direction à crémaillère est assistée par un système hydraulique traditionnel. Ma voiture arborait aussi de magnifiques jantes de 18 po chaussées de Dunlop SP Sport 5000m en 215/45R18. 

Tout cela est fort conventionnel dans cette gamme de véhicules, mais la réalisation est bien faite et les trains roulants offrent de bonnes sensations bien en phase avec le marché cible. Malgré son imposant aileron et ses roues géantes, cette GTS n’est pas une berline où le confort se sacrifie à la tenue de route ultra-sportive. Au contraire, la voiture est confortable et souple, sans que la suspension soit sous-amortie, et les bruits de roulement sont bien filtrés. La tenue de route est d’un excellent niveau, la voiture vire à plat et la voiture est neutre dans les enchaînements de virage. La Lancer est très agréable à conduire, j’aime beaucoup. Seule la tenue de cap dans les roulières de nos autoroutes laisse à désirer, un trait de caractère typique des pneus larges à flancs rigides. La direction est rapide et communicative tout en étant suffisamment assistée dans les manœuvres de stationnement. Encore là, il faut y voir un lien avec les pneus de faible section qui favorisent la précision de conduite. Le freinage est facile à moduler et l’assistance est progressive et linéaire, si bien que je n’ai rien à lui reprocher sur le plan dynamique. 

Si le comportement routier et le rendement des trains roulants sont au-dessus de tout reproche, la même chose peut être dite de l’ensemble moteur/transmission. Bien que sa sonorité soit revêche, le bloc de 2,0 litres offre des performances correctes avec un crescendo vers la zone rouge du compteur. Toujours disponible, même à bas régime, le moteur est souple et volontaire en conduite normale. Quand le tempo s’élève, il faut bien manier le levier de vitesse pour en tirer le meilleur, mais la boite le seconde bien avec des verrouillages fermes et des rapports courts et bien espacés. Par contre, il manque un sixième rapport (3000 tr/min à 110 km/h, c’est trop) et la précision du levier pourrait être améliorée.

Sur le plan de la consommation, les cotes officielles sont de 9,7 L/100km et 7,0 L/100km en ville et sur autoroute. Ma moyenne personnelle oscille plutôt autour des 13 L/100km, avec 80% de conduite urbaine. 

Au final, la Lancer, surtout en version GTS, offre beaucoup. En proposant une voiture compacte bien équipée, logeable, dotée d’une excellente tenue de route tout en étant plutôt confortable, Mitsubishi semble avoir trouvé le point d’équilibre entre sportivité et usage courant. Après plusieurs années de demi-effort, les précédentes itérations de la Lancer étaient beaucoup moins convaincantes, cette génération de Lancer devrait connaître un beau succès. Et si la EVO fait correctement son rôle de locomotive, tout comme la WRX l’a fait pour l’Impreza de Subaru, c’est toute la gamme des Lancer qui profitera de l’engouement pour la version phare de la gamme.  

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