Nissan Cube SL 2009

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Ce n’est probablement pas une nouveauté pour les parents d’adolescents, ni pour les gens qui travaillent dans la « pub », mais je viens de découvrir une vérité au sujet des jeunes en général : ils ne veulent surtout pas qu’on leur dise quoi faire, quoi acheter, où aller, quoi dire ou comment s’habiller. Encore moins qu’on leur dise quelle voiture serait parfaite pour eux. Par exemple, la voiture d’essai de cette édition : une Nissan cube. Elle a évidemment été « marketée » comme la voiture de la jeunesse, la voiture dans le vent qui est spécialement conçue pour des jeunes gens souriants qui se dirigent en groupe vers un bar branché du centre-ville en écoutant de la musique fortement accentuée de lourdes notes basses. Rien n’est plus faux.

Les jeunes que je connais, ils veulent une voiture « normale », pas un truc qui crie haut et fort « je suis un jeune dans le vent ! ». Ils choisissent donc souvent la vieille voiture à papa où maman (surtout parce qu’elle est gratuite…) ou une classique berline de taille moyenne, fiable et sans histoire, parce que leur budget est serré et qu’ils n’ont pas que ca à faire, parcourir la ville la nuit au volant de leur Nissan cube. Et ils veulent mettre le pied dans le monde des adultes en conduisant des voitures d’adultes. Pourtant, la Nissan cube est exactement cela, une voiture d’adulte ; en effet, durant mon essai, ce sont les gens de la tranche 35-44 ans qui ont adoré la cube, autant pour son allure décalée que pour son confort et ses aspects pratiques. Les jeunes ? Pas intéressés. Trop caricaturale, trop stylée, trop branchée, trop voyante, elle est la voiture des jeunes dans la pub, pas la voiture des jeunes dans la vie.

Bon, même si les jeunes n’en veulent pas, cela ne veut pas dire que la bagnole est dépourvue de qualités : les jeunes n’en sont pas à une contradiction près. Ma cube d’essai, Nissan écrit le nom avec une minuscule question de marquer encore plus sa différence, était la version SL, la plus équipée. Malgré ce statut de « toute équipée », la cube est toujours très abordable, 21 600$ pour ce modèle à boite CVT. La version à prix d’appel et boite manuelle à 6 rapports est offerte à 17 000$. La liste des équipements n’est pas très longue, mais suffisamment intéressante pour intéresser un adulte qui a connu d’autres voitures plus chères : climatisation régulée, accès et démarrage sans clef, banquette arrière coulissante et inclinable. Sur le plan technologique, la cube offre aussi la connectivité Bluetooth, une sonorisation puissante, la radio par satellite, l’interface pour iPod et un système de sonar à l'arrière pour les manoeuvres de stationnement. Aussi, la Nissan cube offre un système de surveillance de la pression des pneus, l’antidérapage et l’antipatinage. Tout est donc là pour satisfaire l’adulte amateur de petites attentions mais cela pourrait aussi rebuter les jeunes qui sont généralement contre les automatisations de toutes sortes.

Si le niveau d’équipement est très relevé, la fiche technique est toutefois très modeste : bloc à quatre cylindres de 1,8 litre de 122 cv, boites manuelle à 6 rapports ou à variation continue, traction avant, suspension pseudo- McPherson et disques à l’avant, essieu rigide et tambours à l’arrière, direction à assistance électrique, et c’est tout. Il est donc clair que la cube n’aimerait pas que l’on regarde ses dessous, et elle n’est pas destinée à devenir la nouvelle égérie des modificateurs et vendeurs d’accessoires décoratifs. Elle n’a donc aucun pouvoir de séduction auprès des jeunes, grands amateurs de silencieux bruyants et de roues surdimensionnées. C’est bien comme cela, car son rôle est tout autre. Sa suspension est très souple, ses sièges sont moelleux, sa boite CVT fonctionne tout en douceur et à son volant, le sentiment général en est un de calme et de tranquillité. Les limites d’adhérence sont très faibles, principalement à cause du fort roulis de la caisse en virage, mais le freinage n’est pas aussi nonchalant grâce au court empattement et à l’essieu arrière à bras tirés qui a tendance à faire plonger le derrière lors des forts freinages. La direction est vive et directe mais les remontées d’information sont inexistantes, surtout parce que la cube roule sur des roulettes de 195 mm de large chaussées de tristes pneus quatre saisons, des Toyo Proxes A20. Ils sont toutefois silencieux et confortables, des traits de caractère bienvenues chez les adultes.

La vie à bord est plus intéressante : le dégagement pour la tête est princier, sinon royal, les portières sont larges et hautes, le hayon est immense, les sièges sont larges et plats, la sellerie est toute douce, les moquettes sont épaisses si bien que l’habitacle de la cube est un endroit confortable et douillet. La soute à bagages est généreuse en hauteur (mais petite en surface disponible) et le fait que la banquette arrière coulisse permet d’en augmenter le volume facilement. Par contre, les surfaces de plastique dur abondent, la visibilité vers l’arrière n’est pas fameuse et le volant n’est pas assez haut pour permettre de profiter de ce volume en hauteur. Il faut donc se résigner à descendre le siège et laisser 20 bons centimètres au dessus de la tête si on veut être capable de lire les afficheurs du tableau de bord. Les dames qui connaissent par coeur la date d’anniversaire de leur coiffeur apprécieront. Aussi, la visibilité vers l’avant demande une petite adaptation avec ses piliers de toit situés très loin vers l’avant, mais en général, on perçoit bien les limites de la voiture.

Hormis ces petits détails, la Nissan cube est très agréable à conduire en ville, étant confortable et suffisamment nerveuse pour rendre la conduite intéressante. Ma voiture d’essai avait toutefois une pédale de frein qui vibrait constamment aux feux rouges, un trait de caractère que je n’ai pas trouvé sur les autres modèles Nissan équipés de la boite CVT. Cette boite de vitesse sied parfaitement au caractère tout en souplesse de la cube, tellement que je ne voudrais pas d’une manuelle dans cette voiture, moi qui suis pourtant un inconditionnel des boites à trois pédales. Sur la grand-route, la cube est moins à l’aise. Les vents latéraux la dérangent, le pare-brise vertical génère des bruits éoliens sur les côtés, et les 122 cv sont bien justes lors des dépassements. Elle prend près de 10 secondes pour atteindre les 100 km/h, une modeste performance en 2009.

Les cotes de consommation de la cube sont de 6,5 l/100km sur route et 7,3 en ville ; on voit bien que l’aérodynamique n’est pas son fort, mais que sa faible masse ne lui nuit pas trop en ville puisque les deux cotes sont proches l’une de l’autre. Donc, avec son style affirmé mais surtout parce que son usage est très agréable, la cube risque fort de connaître le sort de la Dodge Neon de 1994, de la New Beetle ou encore de la Honda Element : conçues pour les jeunes, ces voitures avaient plutôt conquis une clientèle adulte, une clientèle qui désirait un peu de piment stylistique, un équipement correct et un côté pratique évident. On dirait que c’est exactement le positionnement marketing de cette Nissan cube. Il y a donc de fortes chances que ce soient des gens comme vous et moi qui se baladeront à son volant, et non les chers étudiants tout sourire de la publicité. Si c’est le cas, alors Nissan devra changer de ton dans ses messages publicitaires sur le web : le tutoiement qu’elle utilise risque de refroidir les vieux que nous sommes devenus.

Vidéo Nissan Cube 2009

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