Odomètres trafiqués – comment cela peut-il arriver ?

Pour partager :

Un vendeur de voitures d’occasion du nord de Montréal vient tout juste d’être traduit devant les tribunaux sous 300 chefs d’accusations pour modifications d’odomètres. En général, les voitures vendues par son commerce affichaient en moyenne 100 000 km de moins que la réalité. De plus, selon l’enquête de la GRC, certains véhicules affichaient jusqu’à 200 000 km de moins, une situation aberrante qui soulève quelques questions et observations.

Comment un consommateur éclairé peut-il en arriver à acheter un tel véhicule ?

La réponse tient en une seule phrase : il n’a pas fait la moindre recherche ni vérifié quoi que ce soit avant l’achat. Tout véhicule devrait être accompagné de son historique de réparation, sous garantie ou non, de même qu’il devrait être possible de joindre le dernier propriétaire pour valider le kilométrage. Si la voiture est « orpheline », alors il doit être possible de l’emprunter pour quelques heures en vue de la faire inspecter par une autorité compétente. Un examen minutieux peut révéler que certaines pièces d’usure ont été remplacées, alors que le kilométrage ne le justifie pas. Par exemple, sous la barre des 80 000 km, amortisseurs, échappement, embrayage, courroies d’entraînement, pompe à eau ne devraient que très rarement avoir subi un remplacement. Et pour les freins, les voitures légères ne devraient même pas avoir subi un remplacement de plaquettes. Alors, plutôt que d’y voir des dépenses que vous n’aurez pas à faire, ce sont plutôt des indices que le très bas kilométrage pourrait être fictif.

Toutes ces mesures de vérification sont certainement bien connues, mais trop peu de gens les mettent en application et concluent la vente trop rapidement. N’oubliez pas, le marché des véhicules d’occasion est pléthorique, et il existe des centaines, voire des milliers d’exemplaires du véhicule convoité.

En fait, il est facile de prendre le numéro de série du véhicule convoité et de le soumettre à un concessionnaire de la marque pour valider la provenance du véhicule. Certains sites Internet proposent aussi, pour un montant modique, un rapport de validation du numéro de série qui inclut les relevés de kilométrage à chaque transaction, l’historique des réclamations d’assurance, le signalement d’un sinistre majeur, etc. En plus, comme toute l’Amérique du Nord est fichée, les véhicules provenant d’autres provinces ou états y sont aussi répertoriés, souvent avec le kilométrage au fil des ans, ce qui évite de se retrouver avec un véhicule reconstruit qui a été déclaré perte totale dans un état plus sévère qu’ici au Québec. 

Alors, si une offre vous semble trop belle pour être vraie, ce pourrait vraiment être le cas !

Le Blog Auto

Pour partager :