Renault en F1: une belle histoire

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2007 marque les 30 ans des débuts de Renault en F1

GP d'Angleterre 1977, Jean-Pierre Jabouille, Renault RS01

Les journalistes n’ont pas tardé à sourire et à l’affubler d’un surnom peu flatteur, cette première Renault de F1. Équipée d’une technologie révolutionnaire en F1, le turbo, fumante et sifflante, peu fiable, ils l’ont baptisée « la Théière Jaune » dès sa première apparition en course, à Silverstone, en 1977. Au coeur de la bête, un six cylindres de 1500 cm3, suralimenté par un seul turbo, et conçu par l’équipe de Bernard Dudot en collaboration avec Elf. Puissance : 500 ch dans la plage d’utilisation du turbo… mais tout juste 150 ch en dehors. Premiers pas, premiers espoirs. Ce premier Grand Prix allait être le premier d’une longue série.

Trente années plus tard, en effet, les mécaniques Renault ont signé un palmarès exceptionnel en Formule Un. Après 390 départs, elles ont remporté 113 victoires et décroché 154 pole positions. Se sont hissées sur le podium à 299 reprises et on aligné plus de 250 000 kilomètres en Grands Prix. Et, surtout, ont été couronnées par sept titres pilotes (1992, 93, 95, 96, 97, 2005, 06) et huit titres constructeurs (1992, 93, 94, 95, 96, 97, 2005, 06). Ces résultats sont plus qu’une performance. Il s’agit d’une véritable signature.

L'ère du turbo

Les débuts, en Angleterre, ont pourtant été cuisants. La RS01, qui porte alors le numéro 15, parvient à se qualifier. Mais elle abandonne dans le 16ème tour. La saison 1977 est considérée comme un apprentissage grandeur nature par l’équipe. A raison, puisque les abandons se succèdent. Mais l’année suivante, Renault passe à l’attaque. L’équipe continue à travailler et sa motivation porte ses fruits à Watkins Glenn, lorsque la RS01 franchit la ligne d’arrivée en quatrième position et marque des points pour la première fois. L’histoire est en marche.

GP de Belgique 1986, Ayrton Senna, Lotus-Renault

Deux ans seulement après ses premiers tours de roues en Grand Prix, Renault remporte sa première course, en France, avec Jean-Pierre Jabouille et la RS11. En 1981, l’arrivée d’Alain Prost permet à Renault de s’imposer à trois reprises. L’année suivante, l’équipe termine troisième du championnat. Elle fait alors partie des meilleurs. Son pari technologique est sur le point de payer et elle se bat pour le titre jusqu’à la dernière course de 1983. Fin 1986, au moment du retrait de Renault, le V6 Turbo a gagné 20 Grands Prix et dispose de 1500 chevaux en qualifications. Malgré tout, le titre a échappé à l’équipe pour quelques points seulement. Rageant, mais source de motivation pour le futur.

De 1983 à 1986, de plus, Renault étrenne une tradition : la fourniture de moteurs à des équipes clients. Lotus est la première à en bénéficier. Après quatre saisons, le bilan de cette association est positif : 5 victoires, 19 pole positions, 24 podiums, 4 meilleurs tours et 187 points. Lotus termine le championnat en 3ème position au terme des saisons 1984 et 1986, et 4ème en 1985. Un certain Ayrton Senna, d’ailleurs, remporte la première victoire de sa carrière au Portugal, en 1985, avec une motorisation Renault. Ligier (1984-86) et Tyrrell (1985-86) disposent elles aussi du six cylindres turbo, 55 points à la clé pour la première, 26 pour la seconde. La fourniture de moteurs va peu à peu devenir une spécialité.

La période V10

Dès lors, la F1 et Renault deviennent inséparables. La discipline est un laboratoire technologique précieux pour le constructeur français. En 1989, le Losange revient dans le sport en tant que motoriste. Il fournit l’équipe Williams et remporte la victoire à deux reprises. Les ingénieurs de Viry imposent le concept du V10, au fur et à mesure que ses caractéristiques techniques s’améliorent. Les victoires s’enchaînent peu à peu. En 1991, Williams et Renault remportent 7 Grands Prix et montent sur le podium à 17 reprises. Un double titre mondial titre couronne le partenariat en 1992, avec Nigel Mansell. Une saison que le Britannique domine de la tête et des épaules. Cet exploit est réédité en 1993, avec Alain Prost. Le Français remporte son quatrième titre mondial et décide de raccrocher le casque.

En 1995, Renault signe un accord de fourniture pour une deuxième équipe, Benetton : cette dernière rafle les deux titres dès la première année, avec un certain Michael Schumacher. C’est également le début d’une collaboration fructueuse avec Flavio Briatore. Williams, bénéficiant toujours du V10 français, tient sa revanche en 1996 et 1997 : doubles titres, encore, avec Damon Hill puis Jacques Villeneuve. Lorsque le Losange se retire, n’ayant plus rien à prouver, la plage d’utilisation de son V10 a gagné plus de 4,000tr/min et le bloc s’est allégé de 20 kilos ! Le palmarès, quant à lui, est étourdissant : 11 couronnes saluent la fourniture de moteurs à Williams et Benetton.

GP du Canada 1991, Nigel Mansell, Williams-Renault (Illustrée à gauche) - GP de Monaco 1977, Jacques Villeneuve, Williams-Renault (Illustrée à droite)

La période moderne

En 2002, les hommes au Losange se lancent un nouveau défi, avec une monoplace 100% Renault et toujours avec la même philosophie : innovation à tous les étages. L’équipe Benetton passe en bleu et jaune, l’aventure commence. La R202 est confiée à Jarno Trulli et Jenson Button. Après 17 courses, le Renault F1 Team se classe derrière Ferrari, Williams et McLaren. L’équipe a marqué à dix reprises et son score est deux fois plus élevé que celui de Benetton à la fin de la saison 2001.

L’année 2003 marque l’arrivée d’un jeune espoir, Fernando Alonso. L’Espagnol va prouver son talent en marquant à 11 reprises, récoltant au passage sa première victoire, à Budapest. Renault termine la saison
à la quatrième place des équipes. Avec 10 points en 2001, 23 en 2002, et 88 en 2003, la progression est spectaculaire. Et ce n’est pas fini : en 2004, le Renault F1 Team est troisième des Constructeurs. La saison suivante, enfin, c’est la consécration : en décrochant sept victoires, Fernando Alonso devient le plus jeune champion du monde de l’histoire à deux courses de la fin de la saison. En Chine, le Renault F1
Team s’empare de la couronne des Constructeurs. Une performance exceptionnelle, que l’équipe parvient à renouveler en 2006, au terme d’une saison palpitante.

GP du Canada 2006, Fernando Alonso, Renault R26

Et ça continue...

Lors de ces trois aventures, la philosophie de Renault n’a pas changé : amour de la compétition, rigueur des processus, fiabilité de la mécanique, succès par l’innovation technologique. Aujourd’hui, Renault entre dans une nouvelle phase. L’équipe aura à coeur de défendre ses récents succès en 2007, mais elle a également décidé de poursuivre une longue tradition en fournissant des moteurs à Red Bull Racing. L’aventure continue…

Renault Communication

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