Saturn Outlook XR 2008

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Chez GM, la place du camion pleine grandeur dédié au transport de passagers était occupée par les Yukon et Suburban depuis de nombreuses années. Ces camionnettes à châssis séparé de la carrosserie ont beaucoup de qualités, capacité de charge, garde au sol, robustesse, mais leur comportement routier laisse à désirer, tout comme leur consommation d’essence. De plus, comme le marché de la minifourgonnette est en chute libre, GM a décidé de remplacer ces dernières par un duo de VUS nouveau genre ; au bas de l’échelle, les petits Torrent/Equinoxe, et pour ceux dont les besoins demandent une troisième rangée de sièges, le trio Acadia/Enclave/Outlook. C’est ce dernier qui fait l’objet de ce compte-rendu. J’ai donc eu le loisir d’affronter les tempêtes précoces de décembre 2007 au volant de la version XR à quatre roues motrices du Saturn Outlook, un camion dont le prix de vente dépassait les 55 000$. Mon véhicule d’essai était donc équipé du système de navigation, des deux panneaux vitrés pour le toit, des phares à décharge, de la sellerie en cuir, etc. Il ne manquait vraiment rien à ce modèle dont le prix de base est de 41 000 $.

Tout d’abord, sur le plan des dimensions, ce camion est véritablement imposant. En fait, il est de la même taille que les VUS Tahoe/Yukon, à l’exception de la hauteur. Par contre, et c’est là que la construction monocoque est à son meilleur, l’espace intérieur est vraiment imposant, au point de faire oublier les défuntes minifourgonnettes GM. Chacune des trois rangées de sièges peut accueillir des adultes de taille normale, et la seconde rangée de sièges coulisse sur des rails au plancher. La modularité est excellente, et la soute à bagages est vaste en régulière dans toutes les configurations. Le Outlook est disponible en version 7 ou 8 places, et la première permet de passer entre les deux sièges mitoyens pour atteindre la banquette arrière facilement, dans l’éventualité où un siège d’enfant est installé. Évidemment, l’espace à bord est gargantuesque, et il n’y pas de doute que ce camion est aussi logeable que la défunte Relay.

Le cockpit du Outlook est sobre et de bon goût, il n’y a pas d’artifice inutile ni de fioriture rajoutée. Les plastiques sont de bonne facture, même si certains ne sont pas moussés, et l’ensemble dégage une impression de qualité indéniable. Le combiné d’instrument est facilement lisible et un petit ordinateur de bord renseigne sur divers paramètres, consommation moyenne, température extérieure, etc. Le volant est doté de commandes pour la chaîne audio et le régulateur de vitesse,  

La console centrale est aussi bien conçue avec des rangements caverneux et un appuie-bras coulissant qui inclut des commandes pour le chauffage arrière. L’ergonomie générale est bonne, sauf pour la damnée commande des essuie-glaces, toujours située sur le levier des clignotants, et dont l’action est inutilement compliquée. Les sièges chauffants ont des commandes multiples qui permettent de chauffer uniquement la portion de l’anatomie qui en a le plus besoin, celle où l’on s’assoit, sans toutefois se faire rôtir de dos ; c’est bien pensé. La climatisation régulée, elle aussi, s’attire des éloges par sa précision et sa capacité à se faire complètement oublier. En plus, avec trois zones à commandes distinctes, chacun pourra trouver son niveau de confort sans importuner les autres passagers. 

Sur la route, alors que les généreuses dimensions du Outlook ne sont tout de même pas trop intimidantes, la masse, elle, est bien présente. Avec ses 2250 kg (rien de moins que 5000 lbs !), ce Saturn ne fait pas grand gain sur ses rivaux à châssis séparé, comme le Durango ou le Sequoia. Pour déplacer sa corpulence, le Outlook n’a droit qu’à une seule motorisation, un tandem V6 et boîte automatique à 6 rapports. Curieusement, et au contraire de ses habitudes, GM a doté le Outlook d’un accélérateur très progressif si bien que le camion semble sous-motorisé. Même avec la pédale enfoncée à près de la moitié de sa course, le Outlook se déplace lentement, avec beaucoup d’inertie. On dirait un gros ours qui se réveille de mauvais poil, au lendemain d’un hiver trop long. Mais si le conducteur enfonce généreusement l’accélérateur, alors là, c’est autre chose, le grizzli se montre sous sa vraie nature. Le V6 de 3,6 litres à injection directe de 275 CV (à 6600 tr/min, tout de même) se montre fort véloce, malgré le faible couple de 251 pi-lb. Il faut ici créditer la boîte de vitesse Hydra-Matic 6T75 qui seconde parfaitement ce moteur adorant grimper dans les tours. Avec les trois premiers rapports très courts, elle permet au camion d’accélérer avec vigueur dans les limites de la loi actuelle sur nos routes. De son côté, le rouage intégral de type permanent à enclenchement automatique est efficace dans la neige des rues de Montréal, mais c’est bien là la limite de ses capacités hors-route. Il n’est pas question d’emmener ce camion hors des sentiers battus, il ne possède ni la robustesse ni un rouage assez performant pour ces conditions. 

Le confort en roulage est impressionnant pour une telle caverne sur roues ; la coque rigide et la suspension indépendante de type automobile font des merveilles sur nos mauvaises routes tout en favorisant le silence de roulement. Pour cause de neige abondante, et de pneus quatre-saisons mal adaptés, les tentatives d’évaluer la tenue de route et le freinage se sont révélées vaines. La direction assistée à crémaillère est toutefois précise et rapide bien que l’assistance variable soit un tantinet légère. La monte pneumatique fait appel à des immenses P255/60R19 qui cachent quatre freins à disques ventilés aux dimensions tout aussi généreuses : 325x29 mm à l’avant et 331x20mm à l’arrière. Un système antidérapage Bosch 8.0 surveille les mouvements du Outlook en permanence, avec une fonction qui devrait minimiser les risques de capotage, toujours présents sur les véhicules lourds à grand débattement de suspension comme ce camion.

Jusqu’à maintenant, le Saturn Outlook remplit parfaitement ses promesses, à l’exception d’une seule ; la consommation de carburant, qui devrait être meilleure que celle des ses cousins Tahoe/Yukon, ne l’est quasiment pas. Avec sa masse généreuse et les conditions hivernales, mon véhicule a englouti pas moins de 28 L/100 km durant les 10 jours de l’essai, qui s’est déroulé essentiellement en ville. On est loin des cotes de Transport Canada, qui sont de 13,5 en ville et 8,9 sur la route.  Au moins, le Outlook demande de l’essence régulière pour remplir son réservoir de 88 litres.

Bien fini, volumineux, silencieux, confortable, doté d’une excellent modularité, le Outlook ne pêche réellement que par sa consommation démesurée au égard des performances offertes. Si la fiabilité est au rendez-vous, Saturn a maintenant dans sa gamme un véhicule vraiment désirable qui se vendra sur ses seules qualités, et non à grand renfort de rabais et promotions.

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