Subaru Impreza WRX 2008

Pour partager :

En avril 2001, j’étais alors un tout nouveau chroniqueur automobile pour un futur site internet qui devait être lancé à l’automne suivant. Mes tâches à l’époque étaient variées, allant de la mise à jour des textes et des fiches techniques de notre futur guide de l’auto en ligne, à la production de nouvelles et à la validation des différentes bases de données qui devaient servir à faire fonctionner le site.

Bien que intéressantes, ces tâches n’étaient pas tout à fait ce que j’anticipais lorsqu’on m’a proposé le poste. C’est donc avec un immense entrain que j’ai quitté mon bureau de la rue Papineau, un matin d’avril, pour aller assister au dévoilement de la très prometteuse Subaru Impreza WRX 2002, dévoilement qui se déroulait à la piste d’essai de Blainville.

Il y aurait donc une demi-douzaine de voitures, des petits sandwichs, de jolies hôtesses, un circuit de slalom à basse vitesse et toute la crème des chroniqueurs auto de l’est du pays.

J’étais donc enthousiaste et craintif en même temps, un sentiment que j’ai toujours aujourd’hui lors de ces rencontres professionnelles. Bon, tout c’est bien déroulé, à l’exception d’une petite frousse causée par un vieux roublard qui a failli mettre la niche sur le chien en étant un peu trop optimiste dans ses mouvements.

Depuis cette belle matinée, bien des voitures me sont passé entre les mains, mais la Subaru Impreza WRX demeurera toujours, pour moi, la première. Assez de sentiments, maintenant, les faits.

Présentation

La dernière génération de l’Impreza avait donc été lancée au début 2001 en tant que modèle 2002, et cette refonte de 2008 était donc fort attendue par les concessionnaires de la marque. Dans le marché hypercompétitif des voitures compactes, les refontes se font plutôt aux quatre ans et la nouveauté fait vendre, comme dit l’adage. Mais voilà, Subaru n’est pas Honda ou Mazda, elle n’a pas les mêmes moyens financiers et sa clientèle n’est pas aussi avide de style à la mode. Donc, cette nouvelle mouture reprend en
grande partie la plateforme de la génération précédente, seule la suspension arrière est redessinée, tout en actualisant le style sur les canons d’aujourd’hui. À ce sujet, les typiques portières sans encadrement de glace sont chose du passé, et c’est dommage puisque Subaru était un des derniers résistants à cet égard. J’ai toujours un peu de peine quand même les originaux finissent par rentrer dans le rang.

J’ai donc eu le loisir de conduire les deux versions de la nouvelle Impreza, la version de base 2,5i et la version sportive WRX. Pour un petit constructeur comme Subaru, je suis en train de commettre une hérésie en parlant des deux voitures dans le même texte ; la clientèle des deux voitures n’est pas du tout la même. Je suis d’accord. Avec plus de 12 000$ d’écart, ils ont bien raison. Par contre, à l’usage, la différence est fermes et un équipement plus relevé sont tout ce qui distingue l’une de l’autre. La version de base, la 2,5i, affichait 20 695$, alors que la Subaru Impreza WRX 2008 essayée affichait un tarif de 32 995$.

Équipement

La version de base arrive tout de même avec un équipement correct, (climatisation, glaces électriques, antiblocage, six coussins gonflables) en plus du rouage intégral, ce qui la distingue de ses rivales moins chères. La Subaru Impreza WRX 2008, de son côté, offre la climatisation régulée, le pare-brise chauffant, les sièges chauffants de type « baquet de course », des roues plus grandes (17 po. vs 16 po.), l’antidérapage, ainsi qu’une suspension typée sport et des freins à disque à l’arrière. Bizarrement, les pneus sont les mêmes sur les deux versions, de très ordinaires Bridgestone Potenza RE92a, et en plus, ils ont tous la même largeur (205), même si les jantes alliage de la WRX sont de plus grand diamètre mince : 54 cv (224 vs 170), des rapports de boite différents, des trains roulants légèrement plus que celles en acier de la 2,5i… C’est vrai que la plupart des Subaru Impreza WRX que je croise arborent des jantes de seconde monte, alors j’imagine que Subaru s’est dit : À quoi bon, puisque les roues d’origines finiront au sous-sol ?

Les deux Subaru Impreza essayées, bien qu’équipées différemment, avaient toutefois la même finition intérieure ainsi que le même tableau de bord bien que le combiné d’instruments soit différent. Malheureusement, même par rapport à la précédente version, ce n’est pas une amélioration ; tout, absolument tout dans l’habitacle est en plastique dur. Le tableau de bord au complet, les contre-portes, l’appuie-bras central, la console, les leviers d’ouverture des portes, la tablette arrière, les paresoleil, même les montants du parebrise sont faits de ce désagréable matériau. Pire encore, mes deux voitures d’essai émettaient toutes deux des bruits et des vibrations provenant justement de la tablette arrière et des montants du pare-brise

Pas facile à insonoriser, le plastique… Toutefois, malgré le peu de noblesse des matériaux, le coup d’oeil est joli et ces plastiques ne rayent pas facilement, sauf ceux peints en gris foncé sur les portes et sur la planche de bord.

En cherchant bien, j’ai quand même réussi à trouver des surfaces un peu moins revêches, les quatre petits repose-coudes des portières sont rembourrés, mais c’est tout. De l’autre côté, les sièges sont confortables et celui du conducteur est ajustable en hauteur. La position de conduite est agréable, les commandes sont douces et intuitives et seul l’espace dévolu au passager avant est limité pour les grandes jambes. Si l’espace à l’arrière est correct pour des enfants, la soute à bagages est de taille réduite puisque le rouage intégral, le réservoir d’essence ainsi que l’encombrant système d’échappement à deux silencieux hypothèquent tous l’espace disponible pour les bagages. Le dossier de la banquette arrière est maintenant rabattable, mais l’ouverture ainsi créé est de taille restreinte.

Sur la route

C’est en mouvement que la Subaru Impreza impressionne vraiment. Le châssis est bien conçu, la coque est rigide, la suspension absorbe les cahots de nos mauvaises routes avec aplomb, la direction est précise (et très rapide, sur la WRX), et la mécanique est volontaire. À chaque fois que j’en conduis une, j’ai toujours ce sentiment d’être en plein contrôle, que la voiture fait exactement ce que je veux même quand je change de direction brusquement ou que je freine à la dernière seconde. À la différence d’une voiture sport chaussée de gommes super adhérentes, la Impreza dérape gentiment, sans trop de coucher, et reprend sa route comme si de rien n’était. C’est probablement la voiture la plus facile à conduire que je connais, du moins, la voiture qui pardonne le plus les conneries de son conducteur.

Côté moteur, bien sûr, la Subaru Impreza WRX avec son couple maximal disponible à partir de 2800 tr/min est plus vive, mais en conduite quotidienne, les deux voitures sont suffisamment énergiques. Ce n’est que lors des dépassements sur route que la 2,5i manque de souffle. Le quatre cylindres à plat est toujours aussi inégal au ralenti, c’est un de ses traits de caractère, mais il grimpe dans les tours avec une bonne volonté et une douceur impressionnante. Même à l’approche de la ligne rouge, il continue de grimper et c’est le rupteur qui ramène à l’ordre. La sonorité des deux voitures est agréable, surtout en accélération parce que la boite de vitesse à 5 rapports siffle sous l’effort comme celle de la voiture de rallye. Par contre, cette boite doit être manipulée avec soin lorsque froide car les synchros sont réticents et il est facile de manquer une vitesse. Sur le plan du freinage, là encore, les quatre disques de la Subaru Impreza WRX sont puissants mais l’attaque à la pédale demande de la finesse pour ne pas trop brasser ses passagers. Le freinage de la version de base est plus facile à moduler.

Et qu’en est-il du rouage intégral, me demandez-vous ? Eh bien, puisque vous le demandez, il est invisible la plupart du temps. Même si la marque fait sa communication sur cet aspect de ses voitures, dans la vie courante, un rouage intégral est inutile sauf en cas d’adhérence précaire. Tout le reste du temps, c’est du poids mort à traîner, c’est 1 litre ou 2 de plus à chaque 100 kilomètre, c’est de l’espace en moins à bord (surtout dans une voiture compacte), et c’est un surcoût qu’il faut justifier au moment de signer le contrat de vente. Cela n’améliore pas la tenue de route, au contraire, mais cela favorise l’équilibre des masses et donc la neutralité en virage que j’évoquais plus haut. Par contre, quand le sol se recouvre de son blanc manteau, alors là, tous ces inconvénients disparaissent et le rouage intégral devient évidemment un allié, tout en étant une menace par le faux sentiment de confiance qu’il crée. La pose de quatre bons pneus d’hiver est obligatoire sur une intégrale, je n’ai pas besoin d’insister là-dessus.

Durant mes essais, les consommations de carburant ont varié de 14.4 L/100km en ville pour la Subaru WRX, à près de 8 L/100km sur la route avec la 2,5i. Les cotes de Transport Canada sont de 10,6/7,3 pour la version de base, et de 10,9/8,1 pour la Subaru WRX. Àtitre de comparaison, une Mazda3 avec le moteur 2,3 litres obtient des cotes de 9,2/6,7.On peut donc estimer le surcoût du rouage intégral à 1,4 L en ville et 0,6 litres sur la route, selon les fédéraux. Si on ajoute 50% aux valeurs urbaines et 1L aux valeurs sur la route (ce qui est ma moyenne habituelle quand je me compare aux valeurs officielles), cela se traduit en situation réelle par 2,1 litres en ville et 1,6 litre sur la route. Avec une moyenne de 15 000 km par année, et 75% de ville, ce qui est mon cas, le surcoût annuel du rouage intégral de la 2,5i est de 300$, en considérant le litre d’essence à 1$.

Conclusion

Alors, que conclure ? Si la WRX ne m’a pas plus impressionné en 2008 qu’en 2001, c’est que l’évolution est bien timide et que la finition intérieure est toujours aussi pauvre. Par contre, sur le plan du comportement routier, alors là, chapeau. Vive, stable, solide, même confortable, la Subaru WRX 2008 est un bonheur quotidien. Seule la monte pneumatique laisse vraiment à désirer. Mais il est possible d’obtenir la majorité de ses qualités pour pas mal moins, puisque la 2,5i est tout aussi dynamique bien que moins rapide. C’est là que réside l’atout caché de Subaru.

Vidéo Subaru Impreza WRX 2008

Trouver une Subaru Impreza WRX à vendre sur autoExpert.ca

Le Blog Auto

Pour partager :