Toujours plus lourd

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La tendance actuelle est la prise de poids

Le fondateur de la marque Lotus, Colin Chapman, avait une phrase toute prête pour répondre à ses ingénieurs qui lui demandaient souvent : « Que peut-on faire de plus pour améliorer les performances de nos voitures ? » Sa réponse était invariablement : « Ajoutez de la légèreté ! »

Aujourd’hui, il semble que cette devise soit tombée dans l’oubli, à voir l’embonpoint dont les voitures et camions récents sont affublés. Prenons par exemple une voiture type, comme la Jetta de Volkswagen. Alors que ses dimensions extérieures ont peu évolué, l’empattement est passé de 240 cm à 257 cm, sa masse a fait un bon de 565 kg, en partant de 900 kg pour la Jetta de 1981 jusqu’à 1465 kg pour la version 2007. Ça, c’est un gain de poids de 60% en 25 ans. Comment expliquer cela ? 

Plusieurs facteurs peuvent expliquer un tel gain. La première raison est liée à l’augmentation des performances des moteurs. Alors que la version de 1981 proposait 90 cv, la version actuelle atteint facilement 200 cv. Puisqu’il faut bien transmettre toute cette puissance au sol, alors il faut des roues plus larges et aussi un système de freinage plus puissant. Alors, il faut aussi des suspensions plus costaudes, et des châssis plus rigides pour que tout cela fonctionne en toute sécurité. Comme on peut le voir, un gain de puissance se traduit par un gain de poids, ce qui demande en retour plus de performance de la part du moteur. C’est un cercle sans fin.


Et ce n’est pas tout. La Jetta 2007 est beaucoup plus silencieuse que sa devancière grâce à son isolation acoustique poussée qui est acquise par des matériaux isolants plus épais, ainsi que par une coque plus robuste. Encore de la masse en plus. 

On peut aussi blâmer la motorisation des fonctions qui autrefois étaient opérées manuellement; le toit ouvrant, l’ouverture des vitres et le déplacement des sièges font maintenant appel à des moteurs électriques. Il faut aussi compter avec la multiplication des équipements de série; les 6 coussins gonflables (et leurs points d’attache), le bloc ABS, la climatisation, la chaîne sonore à plusieurs haut-parleurs, les rétroviseurs électriques, etc., ont tous une influence négative sur la masse à vide.

De même, la contenance des réservoirs de lave-vitre et d’essence est plus grande, et cela c’est encore du poids mort à traîner. J’ai vu récemment un VUS équipé de lave-phares dont le réservoir peut contenir 9,5 litres de liquide ! C’est pas mal plus que la Jetta 1981 dont le bocal avait moins de 2 litres.

À cause de tout cela, on voit maintenant couramment des petites berlines qui atteignent les 1700 kg (la Audi A4 quattro), des minifourgonnettes de 2100 kg (la Kia Sedona) et des VUS de taille moyenne de 2300 kg (GMC Envoy XL). Vous pouvez facilement imaginer la consommation de carburant (et l’usure des pneus !) de ces poids lourds.

Ce qui est paradoxal, c’est que les constructeurs ont fait de grands progrès pour améliorer la consommation d’essence de leur moteur, et que ces améliorations sont annulées par cette prise de poids constante. Imaginez un instant une voiture de la taille et la masse de la Jetta 1981 dans laquelle on installerait un moteur moderne de puissance comparable. On pourrait alors faire appel à un petit 4 cylindres de 1,4 litres de 100 cv, comme celui de la VW Polo européenne, et obtenir des cotes de consommation similaires aux hybrides et diesel d’aujourd’hui pour beaucoup moins cher. Ça, ce serait un pas dans la bonne direction.

Alors, à quand la diète chez les constructeurs automobile ?

Le Blog Auto

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