Toyota Corolla CE 2009

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Dans la dernière édition du magazine, j’avais élaboré longuement sur la notion de « tout équipé » pour conclure que cette expression était dorénavant galvaudée parce qu’utilisée à tout crin. Eh bien, pour cette édition, j’ai déniché une voiture qui justement ne peut prétendre à l’expression décriée : une Toyota Corolla de base avec très peu d’équipement optionnel. Le plus drôle, c’est que cette berline compacte est offerte à partir de 14 835$ (16 695$ telle qu’essayée) ce qui est moins que la valeur des seules taxes sur la Audi A8 du dernier numéro. Tout est relatif, comme on dit.

Ma voiture d’essai était donc une Toyota Corolla CE 2009, boite manuelle et groupe d’option « commodité » : climatiseur, télé-déverrouillage, système de surveillance de la pression des pneus. C’est tout. Pas de glaces à remontée électrique, pas de régulateur de vitesse, pas de sièges chauffants. Si ce n’était de la mention MP3 sur la radio, cette voiture pourrait facilement être confondue avec ses ancêtres des années 1980. Pourtant, en y regardant de plus prêt, on trouve bien quelques traces de modernité : il y a un afficheur de bord avec température extérieure et données de consommation, les rétroviseurs sont télécommandés électriquement, et il y a quand même six coussins gonflables en équipement de série. Pour le reste, c’est le minimum syndical : essuie-glaces intermittent à cadence fixe, lecteur CD, banquette arrière à dossier rabattable, volant ajustable, accoudoir central.

En m’installant à bord avec mon immense parka « Frontenac » qui me donne l’allure d’un lutteur sumo, je constate que l’espace est compté, surtout en largeur ; il faut dire qu’un copain attifé du même parka (non, on ne s’est pas consulté avant, c’est un hasard) occupait le siège de droite. La Corolla est toujours une petite voiture qui n’a pas suivi la courbe de croissance ascendante des ses cousines du segment des compactes (Mazda3, Rabbit, Sentra). L’espace intérieur est donc compté, principalement parce que la voiture ne sacrifie aucune des sections : rangée avant, rangée arrière et malle arrière sont toutes de taille moyenne. C’est le prix à payer pour conserver cinq places et un coffre traditionnel dans un empattement aussi court de 2,6 m.

Malgré mon rembourrage hivernal, le siège du conducteur m’a déplu car une tige métallique le traverse de part en part à la hauteur de l’articulation et celle-ci est perceptible même une fois assis. Sur le plan de la finition, l’ambiance est assez triste (gris sur gris), les plastiques sont durs mais leur fini est mat, les manettes d’ouverture des portières et des glaces semblent fragiles mais la console centrale noire fait sérieux et l’assemblage est solide. Aussi, l’ergonomie pourrait être meilleure avec cette commande des rétroviseurs cachée derrière le volant. Bon, on ne va pas en faire tout un plat, c’est tout de même une voiture de moins de 15 000$ alors le résultat est positif.

Ma voiture d’essai étant la version de base de la Toyota Corolla CE 2009, elle avait droit à un bloc à quatre cylindres de 1,8 litre, 132 cv et 128 pi-lb de couple, accouplé à une boite de vitesses manuelle à cinq rapports. La suspension fait appel au traditionnel tandem composé de jambes de force McPherson à l’avant et d’un essieu déformable à l’arrière ; rien de sophistiqué, de la simplicité. Le freinage à disques et tambours bénéficie tout de même d’un antiblocage, mais il n’y a pas d’antipatinage, encore moins de contrôle de trajectoire, sauf sur les versions XRS. La seule touche de modernité de la mécanique est la présence d’une direction à assistance électrique, une innovation relativement récente.

Sur la route, la Toyota Corolla CE 2009 surprend : alors que je m’attendais à une molle berline sans souffle, c’est plutôt le contraire qui s’est produit. Le moteur est nerveux, la suspension est fermement calibrée, la direction est vive (mais trop assistée) et la Corolla se déplace avec vivacité. Toujours en tenant compte de son prix canon, le rendement mécanique est fort satisfaisant. La coque est rigide, le niveau sonore à bord est acceptable (avec des pneus d’hiver en P195/65R15, des Bridgestone Blizzak WS-60) mais son système de désembuage est plutôt juste alors que les essuie-glaces accumulent la neige au pied du pare-brise de désagréable façon. Au-delà de ces inconvénients typiquement québécois, même avec seulement une roue motrice (il n’y a pas d’antipatinage, rappelez vous) la Corolla est à l’aise dans la gadoue et ne rechigne pas à démarrer en pleine montée enneigée. Avec seulement 1235 kg à déplacer, rien de surprenant ; le poids est un ennemi dans la neige, contrairement à une fausse croyance fortement ancrée.

Sur le plan de la consommation, mes mesures sont absolument faussées par cette tournée de trois heures dans une tempête montréalaise qui m’a vu couvrir moins de 40 kilomètres en tout. L’afficheur de bord indiquait alors 14,2 litres, prêt du double de la consommation officielle (7,5 L/100 km) en ville. Sur la route, la Toyota Corolla pourrait atteindre les 5,6 L/100 km, selon Transport Canada.

Simples et solides, il n’est pas surprenant de voir tant de petites Corolla sur nos routes. Elles livrent la marchandise sans inconvénients majeurs, si ce n’est un équipement réduit. Mais cela n’est pas irrémédiable, il suffit de sélectionner un modèle moins spartiate pour que cette voiture corresponde mieux aux prestations modernes.

Une Corolla LE 2009 offerte à 20 170$ en offre beaucoup (climatisation régulée, démarrage sans clef, boite automatique) et son tarif est encore raisonnable, surtout en tenant compte de la valeur de revente de ces compactes.

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